La dernière fois…

ObamaIl y a 8 ans, j’écrivais dans Branchez-vous! un texte à l’occasion de l’élection de Barack Obama.

Samedi, le premier président noir de l’histoire des États-Unis donnait son dernier discours lors du traditionnel dîner de l’Association des correspondants de la Maison-Blanche (WHCA). «Obama out» a-t-il a conclu en lâchant son micro. Les dernières fois sont aussi importantes que les premières. Malheureusement, elles annoncent une fin au lieu d’augurer l’espoir d’un début.

Il y a 8 ans, avec des amis, nous étions allé à Burlington (VT) sentir la fraîcheur de ce vent nouveau qui soufflait enfin sur l’Amérique. En revenant, j’avais écrit ce texte.

La première fois

Nous vivons aujourd’hui un mardi historique, tous les médias le disent. Pour la première fois, un président noir va prendre la tête des États-Unis. Cette première est l’occasion de nous rappeler l’importance des premières fois.

Le premier cri, le plus important de tous, un appel à la vie. Personne ne s’en souvient, mais il résume toute la difficulté d’exister.

Les premiers pas. Ceux qui nous précipitent dans les bras de notre mère et qui, après, nous en éloignent, ceux qui nous font trébucher pour mieux avancer, ceux qui nous permettent d’aller plus loin, plus haut, ailleurs, ceux qui nous conduisent de voies sans-issues en routes de traverses en passant par les chemins de lumière et les sentiers escarpés vers la fin de notre vie.

La première dent, celle qui nous permet de croquer dans la vie parce qu’on devient grand.

Le premier baiser, maladroit, un peu fébrile, gluant, tendu, précipité, même pas tendre, même pas sensuel. Le premier qui n’égalera jamais ni le suivant ni le dernier. Mais qui à chaque coup de cœur est de nouveau le premier.

Le premier amour, éternel, même s’il ne dure qu’un an, qu’un mois, qu’une semaine, qu’un jour. Malgré tous les autres, il sera le premier pour toujours.

La première peine d’amour. Douloureuse et profonde. Vous ne pouvez pas comprendre, c’est la catastrophe, un cataclysme, un déchirement si intense, la fin du monde.

La première première fois (vous savez très bien de quoi je parle). Timide, malhabile, même pas jouissive. Le cœur battant, pressé d’en finir pour aller le clamer sur tous les toits. La première fois qui n’arrivera jamais ni à la cheville ni à la cuisse de toutes les autres, celles qui étaient amour, corps à corps, extase, frôlement, échange, tendresse, désir, partage, puissance épidermique, oubli total. La première fois qui restera pour toujours le souvenir bref du passage de l’innocence aux conséquences.

Et puis, il y a toutes les autres premières. Le premier job. Le premier boss. Le premier salaire. Le premier relevé d’impôt. La première auto. La première MTS. Le premier appartement. Le premier amour qui s’installe à la maison. Le premier mariage, et le second aussi. Le premier accouchement. Le premier cri de votre enfant. Sa première dent, ses premiers pas, son premier amour,…

Aujourd’hui, le monde vit une grande première. Quelles qu’en soient les effets et les suites, vous vous en souviendrez toujours. Parce que c’était aussi votre première.

(4 novembre 2008, Branchez-vous!)

Et voici la dernière de Barack Obama.

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