Pokemonmania : une aubaine pour les marques ?

maxresdefaultSi votre commerce a besoin de Pokemon pour que les gens viennent vous visiter, c’est que vous avez un problème.Pensez-y ! Si des gens scotchés à l’écran de leur téléphone intelligent avec l’application Pokemon Go ouverte arrivent chez vous, ce n’est pas parce que vous vendez des produits qui les intéressent, parce que vous offrez un service hors pair ou parce que vos prix sont alléchants. C’est parce qu’il y a des Pokemon. Un point c’est tout.

Pokemon Go est bien plus qu’une lubie de geek. C’est un phénomène de société. L’application vient d’être lancée officiellement au Canada après avoir vu le jour aux États-Unis puis en Australie, au Japon et en Nouvelle-Zélande. Vous en avez entendu parler. Vous y jouez sans doute. Vous connaissez quelqu’un qui y joue.

La chasse aux Pokemon amène l’univers du jeu à un autre niveau en lui donnant une nouvelle dimension. La réalité augmentée permet de jouer dans la vraie vie, d’interagir en personne avec d’autres joueurs, de transposer le jeu dans l’environnement. On a tous vu ces images de foules en délire qui envahissent des lieux publics à la recherche de Pokemon rares.

Les commerces doivent-ils jouer le jeu ?

L’engouement sans précédent pour Pokemon Go est évidemment une opportunité pour les commerçants qui veulent attirer du monde chez eux. Mais les gens qui viennent pour des Pokemon sont-ils des gens qui vont rester, qui vous acheter et, surtout, qui vont revenir ? Poser la question, c’est y répondre.

Attirer les visiteurs est une chose. Rendre leur visite profitable en est une autre.

Laisser croire que la fulgurante visite d’un chasseur de Pokemon peut être avantageuse pour un commerçant me semble doublement exagéré. Primo, le chasseur concentré sur sa cible n’a pas l’esprit disponible pour s’intéresser à votre offre. Ensuite, il y a de fortes chances que le chasseur ayant chassé partira une fois qu’il aura mis son Pokemon dans sa besace.

Évidemment si c’est l’heure du lunch, que le chasseur de Pokemon a oublié son sandwich à la maison et que vous vendez des collations appétissantes, vous pourrez sans doute en profiter pour faire une vente. Mais si ce n’est pas l’heure du lunch ?

Ça ne veut pas dire qu’il faut abandonner l’idée d’associer les marques à des jeux de réalité augmentée. Cette nouveauté qui permet d’intégrer le joueur à son environnement en est à ses premiers pas. Tout est encore possible et ça vaut la peine d’y réfléchir avant de jeter le Pokemon avec l’eau du bain.

Mais il ne faudrait surtout pas que le jeu prenne le dessus sur le produit. Les marques qui se laisseraient submerger par la tentation Pokemon Go sans avoir du contenu solide pour soutenir leur offre se retrouveront désertées une fois l’engouement du jeu terminé.

Et vous savez comme moi que tout ce qui monte rapidement redescend aussi vite.

Texte publié dans Infopresse

A propos Pascal Henrard

Associé, créateur de contenu, Esprit de Marque. Auteur (Hurtubise, Isatis, Phoenix). Chroniqueur (Huffington Post, Urbania), scénariste (Télé-Québec, Radio-Canada), concepteur-rédacteur
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