Le débat dans une taverne

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Nous avons voulu, fiston et moi, nous immerger dans l’Amérique profonde histoire de voir de l’intérieur ce qui se passait là. Rien de tel qu’une balade dans upstate New-York pour constater que le candidat républicain (que nous ne nommerons pas ici, il n’a pas besoin de pub) ne ment pas toujours. Les centres villes sont vides, les usines sont fermées, les villages sont morts, les maisons sont à l’abandon, les gens sont désœuvrés et il n’y a pas de travail.

 Par contre, ce n’est pas la faute d’Hillary Clinton si ça va mal à Plattsburgh ni celle des mexicains si les Dollorama pullulent À Rochester. Et ce n’est certainement pas un mur érigé par un fou qui pourrait changer quoi que ce soit. Nous voulions voir ce que les étatsuniens en pensaient et comment ils suivaient la campagne présidentielle.
Nous avons trouvé une taverne (ironiquement dans le comté de Clinton) qui acceptait les mineurs malgré l’alcool qu’on y sert. Nous avons demandé s’il était possible de brancher un des écrans sur le débat. “Quel débat?” a demandé la serveuse plus habituée à syntoniser la WWF, la NFL ou la NHL. Elle s’est vite ravisée. “Ah, oui, le débat…”
Nous avons commandé quelque chose à manger caché sous une chape de fromage caoutchouteux. Derrière nous, des hommes bruyants qui vidaient des shooters à la chaîne en regardant distraitement le football du dimanche. À côté, une jeune femme qui essayait de compléter un formulaire en alignant les cocktails les uns après les autres. Nous apprendrons plus tard, quand elle remettra en titubant sa feuille enfin complétée, qu’il s’agissait d’une demande pour travailler comme serveuse. À mon avis, elle a coulé l’examen.
Nous nous sommes concentrés sur le clou de la soirée.
Pas facile de suivre le débat sous-titré avec en arrière fond de la country et les beuglements de quelques quidam. Et en même temps, c’est très facile. Un fou dangereux face à une ambitieuse. Cette dernière est intelligente et posée. Elle connait ses dossiers, elle a de l’expérience. L’autre est un despote, un maniaque, un égocentrique.
Même si le choix n’est pas exaltant, il n’y a pas d’hésitation. “Go Hillary” criera la serveuse quand nous partons. Les quatre poivrots qui restaient ne s’en formaliseront pas. Le plus bruyant s’étant même endormi sur le comptoir.
Sur la route qui nous ramenait au camping, quelques affiches “Trump” sont venues hanter la nuit. C’est bientôt l’Halloween. Espérons qu’après, les Américains retrouveront la raison et se lèveront pour aller voter Clinton. Parce que les énervés qui donnent leur voix au candidat républicain, eux, ils iront voter.
Si vous passez dans upstate New-York, arrêtez vous à Plattsburgh, le centre ville a le charme désuet de l’Amérique qui était great autrefois. Baladez-vous le long du lac Champlain, allez voir Port Kent, visitez Ausable Chasm, allez manger des beignes à la pompe à essence de Keeseville, les gens ont l’air bizarre, mais ils ne sont pas méchants, et prenez une bière à Peru, chez Pasquale’s, de notre part.
(photo : © Clovis Henrard)

A propos Pascal Henrard

Associé, créateur de contenu, Esprit de Marque. Auteur (Hurtubise, Isatis, Phoenix). Chroniqueur (Huffington Post, Urbania), scénariste (Télé-Québec, Radio-Canada), concepteur-rédacteur
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