Passer ses journées au salon…

Jour 2 du Salon du Livre de Montréal.

Quand on écrit des livres, le Salon, c’est le moment magique où l’on rencontre ses lecteurs.

 Ou pas.

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J’ai feuilleté les pages de mon roman

couvertureC’est mon prochain. En fait c’est mon premier. J’avais déjà écrit des livres pour enfants, des livres rigolos avec des images, des historiettes sans conséquences, des petites plaquettes, et puis aussi un livre sérieux sur le marketing de contenu, et encore l’histoire poétique d’une dame qui faisait pousser des fleurs en ville.

Mais c’est la première fois que j’écris un roman.

Oh, n’allez pas croire que c’était un besoin viscéral, une histoire que je portais en moi depuis des années. Non, non, non.

C’est encore une histoire de hasard.

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Un papa plume

9AVRILJe ne connaissais pas Michel J Lévesque, pas ailleurs que dans le monde virtuel. Un jour, l’auteur d’Arielle Queen a lancé une idée sur Facebook: y a-t-il des papas qui voudraient écrire une nouvelle sur la paternité?

Vous me connaissez, je ne dis jamais non, ou presque.

J’ai beaucoup écrit sur la paternité, sur mon fils, sur ma fille, sur mon père. Mais je n’avais encore jamais écrit de nouvelle de fiction sur le sujet. D’ailleurs je n’avais jamais écrit de nouvelle ni de fiction et ma littérature était plutôt consacrée à la jeunesse et à l’humour. L’exercice me semblait stimulant. J’ai dit oui à Michel.

Mon histoire s’appelle « Les bras pleins d’enfants ». Elle m’a été inspirée, pour son point de départ, par Éric Morin, le réalisateur de La chasse au Godard d’Abbittibbi.

Un jour de printemps, j’ai croisé Éric dans le quartier . Il avait son fils dans les bras, tenait sa fille par la main pendant que sa plus grande sautillait sur le trottoir. La table était mise pour une brève tranche de vie d’un papa fusionnel avec ses rejetons et l’histoire miroir de deux jeunes hommes du même âge, du même back ground dont les destins se sont à jamais éloignés.

En relisant mon histoire écrite au printemps 2013, je me rends compte qu’elle n’a pas pris le chemin que je voulais lui donner. Les enfants qui encombrent un papa, un jeune père qui ne sait plus où donner de la tête, la vie qui bascule quand des enfants arrivent au monde, la croisée des chemins, les rêves de jeunesse balayés par la paternité,… Dans mon histoire, les enfants font partie du père. Quand ils sont petits, nos enfants sont en effet une extension de nous. Même si on ne les a pas portés pendant neuf mois. Ils sont nos bras, nos jambes, notre ventre. Quand ils ont mal, on a mal. Quand ils sont tristes, on est triste. En grandissant, ils découvrent la liberté et notre corps les laisse petit à petit se séparer de lui. C’est sans doute pour ça qu’avec le temps les câlins passent.

Deux amis se rencontrent par hasard après des années loin l’un de l’autre. L’un a trois enfants. L’autre vit encore comme un éternel célibataire un peu désorganisé. Le regard du deuxième sur le premier est un voyage dans le temps. Le célibataire se projette en père. Le père se rappelle ses folles années de jeunesse. C’était le sujet de mon histoire.

Mais les enfants ont été plus forts. Leur présence est devenue viscérale. Entre les deux amis, le temps a fondu. Comme si avoir des enfants accélérait la course du temps. Et ma nouvelle a changé comme un enfant qui décide de prendre son envol.

Mon texte se retrouve aux côtés de ceux de Dominic Bellavance, Claude Champagne, Tristan Demers, Mathieu Fortin, Michel J. Lévesque, André Marois, Martin Michaud, Patrick Senécal, Matthieu Simard et Pierre Szalowski. C’est un honneur d’être entouré de ces fameux papas/auteurs.

Le recueil de onze nouvelles publiés chez Québec Amérique est disponible en librairie dès le 9 avril.

 

Élections

Hier, je participais au Cabaret des auteurs du dimanche sur le thème des élections. Je n’avais pas vraiment envie d’entendre parler de politique, encore moins de m’exprimer sur le sujet. Mais je me suis plié à l’exercice. J’ai surtout apprécié les excellents textes drôles, engagés, touchants, bien documentés,… de Stéphane Plante, Mario Bélanger, Olivier Bruel, Mathieu Bouillon, Jules Falardeau, Manuel Foglia, Ghislain Taschereau et Fred Dubé. Cabaret Voici le texte que j’ai écrit (et lu) pour l’occasion:

>Je ne voulais pas me tromper dans l’exercice auquel on m’a demandé de me livrer. Je suis donc allé vérifié la définition du mot ÉLECTION dans un de ces dictionnaires accessibles en ligne. La définition n’est pas bien compliquée, mais elle en dit long, je vous épargne l’étymologie et les détails lexicaux.  

ÉLECTION un choix quon exprime.

Le choix n’est pas facile. À gauche, à droite, ici et là,… Trop de choix ? Peut-être ? Alors, comment faire le bon ? Toutes ces promesses de jours meilleurs. Tous ces projets. Toutes ces attentes. Peser le pour, peser le contre. Essayer d’imaginer de quoi sera fait demain. Délier le vrai du faux. Tenter de comprendre, appréhender, prétendre. Et après ?

La décision sera irrévocable. Une fois prise, il ne sera plus possible de reculer. En tout cas pas tout de suite. En tout cas pas trop vite. Une fois choisi, on ne pourra pas changer d’avis. Ça ne se fait pas de changer d’avis. Et quand ça se fait, ça ne se fait pas sans mal, sans cris, sans casseroles, sans chemises qu’on déchire. Changer d’avis, virer, flusher, renvoyer, ça ne se fait jamais sans manifestation ni révolution.

ÉLECTION : un choix quon exprime.

Si je choisis, ce n’est pas pour les cris bien sûr. Pas pour le mal ou les casseroles qui volent. C’est pour le mieux. Pour l’avenir. Pour la vie. Ma vie. Nos vies. Pour des lendemains qui chantent. Pour de nouveaux horizons. Pour de nouvelles perspectives. Pour que les rêves deviennent réalité. Pour que le quotidien ne soit plus banal et que le futur soit plus présent.

Mais est-ce que je sais vraiment si mon choix est la meilleure décision ? Est-ce que je peux me tromper ? Est-ce que je ne vais pas me faire avoir ? Est-ce que je ne me suis pas déjà fait avoir ? Une fois ? Deux fois ? Plein de fois… On se fait tous avoir un jour ou l’autre. Les mensonges, les promesses non tenues, les espoirs déçus. Ça existe. Ça existe de plus en plus. Il ne faut pas croire tout ce qu’on nous montre à la télé. C’est du cinéma, du grand art, de la comédie, de la mise en scène. La réalité est beaucoup plus terre à terre.

ÉLECTION : un choix quon exprime.

Pourtant je me laisse encore séduire. J’écoute les paroles, paroles, paroles. J’écoute même les silences. Je me laisse bercer d’illusions. Je veux croire que les nuages qu’on pellette amènent toujours au septième ciel. Je crois encore. Je suis convaincu. Et puis j’hésite. J’hésite. J’hésite encore. Indécis parmi les indécis.

Je croyais pourtant être sûr de moi, sur le point de faire le choix pour de bon. Si je m’abstiens, je n’aurai ni mal ni bien. Si je ne fais pas entendre ma voix, si je me tais, si je ne dis rien, je n’aurais pas de regrets. En tout cas pas celui de m’être trompé ou de m’être fait tromper. Peut-être le regret de ne pas avoir essayé.

ÉLECTION : un choix quon exprime.  

Et pourquoi pas faire un autre choix ? Changer de voie ? Changer de programme ? Plus de ceci ou de cela ? Plus de stabilité ? Plus de sécurité ? Moins de peur ? Plus de cœur ? Plus d’expérience ? Moins de dépenses ?

Quand on a le choix, on a l’embarras.

Choisir, ça peut tout changer. Mais qu’est-ce que ça peut changer ? On ne le saura jamais. Un choix qu’on fait, c’est un choix qu’on ne fait pas. La prochaine fois, il faudra en faire un autre. Pour faire changement. Si c’est le changement qu’on veut.

Mais pourquoi vouloir toujours tout changer ?

Des questions encore. Jusqu’au dernier moment. Jusqu’à la fin. Jusqu’à la mort. Ai-je fait le bon choix? Parmi ceux qui existent et même ceux qui n’existent pas encore. Demain, je peux reculer, et puis je peux aussi ne rien dire, ne plus jamais rien décider. Laisser les choix en plan. Laisser les autres décider à ma place. Laisser mon sort dans d’autres mains. Attendre que le destin vienne et fasse le reste.

Entre nous, il y a un bon bout de temps que j’ai voté. J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai fait une croix sur mon passé pour mettre une voie sur mon avenir. Plus que celle de demain, l’élection dont je vous parle a changé ma vie. Et celle que j’ai plébiscitée n’a pas eu besoin de longs discours pour devenir l’élue de mon cœur.

La prochaine fois, je voterai encore pour toi, Hélène.

Un choix quon exprime. <

En passant, merci Olivier Bruel pour l’invitation.

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Photo Mario Bélanger