Le retour des joies sauvages

[Chaque année, les oies sauvages reviennent, imperturbables aux bruits du monde, fidèles au rendez-vous, joyeuses comme un printemps, gonflées d’espérance, pimpantes comme de jeunes diplômées. Et chaque année je republie le même texte]. Lire la suite de « Le retour des joies sauvages »

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Où étaient-elles?

Ça fait des mois qu’on ne les avait pas vues. Désormais, il fait beau. Et dès que le mercure dépasse les vingt degrés, elles envahissent la ville, les places, les parcs, les ruelles,… Elles se couchent sur le gazon, elles virevoltent en passant, elles se glissent sous vos yeux, elles louvoient sur les trottoirs, elles s’accotent aux arbres, elles vous font de l’œil à la sortie du métro…

Vélo

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Le temps de l’insouciance

La promesse d’un printemps qui dure est toujours balayée par la tristesse d’un été trop court. Les saisons se suivent mais ne se ressemblent pas. Accablé par la lourdeur d’un orage qui plane au-dessus de nos têtes, on en oublie le temps béni des jours légers et des nuits de Champagne. On ne parle même plus de la pluie et du beau temps.

Vous vous rappelez de cet esprit qui nous animait quand nous étions enfants? Lire la suite de « Le temps de l’insouciance »

Si c’est pas toi, c’est qui?

cestpasmoiLe carton de pizza tout gras, le paquet de chips chiffonné, la bouteille de bière cassée, le vieux linge détrempé, les restes à moitié digérés d’une poutine écrasée, le gobelet Tim Horton cabossé, tout ces détritus qui traînent dans les rues, si c’est ni toi ni moi qui les avons jetés, c’est qui ?

À chaque printemps, la ville ressemble à une poubelle. On n’avait rien vu venir. Parce que quelques jours auparavant, les dépôts d’immondices à ciel ouvert étaient recouverts de blanc.Les plus acharnés vont accuser les employés municipaux, les éboueurs, le maire, les ordures qui défilent à la commission Charbonneau, les babyboomers, les jeunes, les autres, mais pas eux… bien sûr.

Comme si la ville allait fouiller dans vos vidanges pour donner du travail à ses cols bleus.

Les trois grosses crottes fondantes qui trônent devant la porte d’entrée, c’est pas moi. J’ai pas de chien. Alors c’est qui ?

La barquette en styromousse de chez le Chinois du coin emportée par le vent, c’est pas moi non plus. Je mange pas de take out. Alors c’est qui ?

Les mégots méga dégueux qui s’incrustent dans les fentes du trottoir, c’est pas moi. Je fume pas. Alors c’est qui ?

La dernière fois que j’ai jeté un papier ailleurs que dans une poubelle, des hommes allaient encore sur la lune.

Laisser traîner ses cochonneries, ça fait tellement 1970…

Pourtant, encore une fois depuis que le printemps existe, que le mercure a franchi le zéro et que le soleil timide nous donne des envies de terrasses et de jupes à fleurs, on a l’impression de marcher dans les rues des bidonvilles de Calcutta alors qu’on se trouve dans une des grandes métropoles d’Amérique du Nord. Entre nous, c’est pas plus propre dans les parkings de Brossard, les parcs de Saguenay ou les bords de routes de Laval. C’est juste que là-bas, c’est plus grand et qu’il y a moins de cochons au kilomètre carré pour cochonner.

Le printemps est synonyme de renaissance, d’espoir, de changement, de libération. Pourtant, si je me fie à ce qu’il laisse comme saloperies derrière lui, ça sentira mauvais longtemps avant qu’un parfum de renouveau ne vienne souffler sur la Province de Québec.

Peut-on prendre au sérieux les revendications et les prétentions d’un peuple qui n’est pas capable de viser une poubelle ou de fermer un sac de vidanges ? Peut-on faire confiance à une population qui ne sait pas que les crottes de chiens qu’elle accroche aux barrières des jardins ne disparaîtront pas toutes seules comme dans un tour de Luc Langevin ?

Si c’est pas moi qui te dit de te ramasser… ça va encore rester traîner.

Texte publié dans Urbania

Le printemps à l’envers

5125c29be150c_largeIl y a un an, et un peu moins… Rappelez-vous… Les prémisses d’un printemps hâtif, des étudiants en ébullition, Line Beauchamp en mode écoute, un gouvernement autoritaire en perte de contrôle, une police sur les charbons ardents, le maire de Montréal dépassé par les événements, des bouffées de chaleur avant l’heure, des leaders étudiants inspirés, une équipe de hockey en perdition, des fans sur le bord de la dépression… Et aujourd’hui?

Aujourd’hui, on est à la veille du sommet tant réclamé sur l’enseignement supérieur.

Plus personne, en tout cas pas moi, ne comprend les véritables enjeux supérieurs de l’enseignement.

Line Beauchamp est en mode faire pitié dans les magazines à potins.

Jean Charest n’est plus là. Et on ne s’en porte pas plus mal.

On ne se demande même pas ce que devient l’ex-ministre Courchesne.

L’agent Trudeau, mieux connue sous le matricule 728, après avoir pété au moins un plomb ou deux et violenté plusieurs quidams, après avoir passé quelques semaines de congé forcé mais payé, se fait arrêter par ses collègues non pas pour « avoir pété au moins un plomb ou deux et violenté plusieurs quidams », mais on ne va pas bouder notre plaisir.

Les étudiants étudient.

Les associations étudiantes étudient leurs dossiers pour le sommet sus-nommé.

L’ASSÉ étudie une façon de se faire remarquer et n’a pas encore trouvé mieux que le boycott, à ne pas confondre avec la grève, quoique…

Le nouveau ministre de l’éducation supérieure étudie en accéléré le manuel du parfait politicien.

Il y a plein de neige. Et ça donne envie d’aller skier.

GND, mieux connu sous le nom de Gabriel Nadeau-Dubois, fait désormais des clowneries dans des émissions de radio.

Le maire de Montréal n’est plus maire de Montréal.

Et le Canadien est en tête de la conférence de l’Est.

C’est vraiment le printemps à l’envers.

Texte publié dans Urbania

La couleur de la neige

Vous êtes-vous déjà posé cette question primesautière, adjectif qui n’a rien à voir avec le printemps: où va le blanc une fois que la neige a fondu?
Alors que dans le ciel, les oies sauvages tournent la page d’un hiver trop long, que les merles dans les arbres chantent une nouvelle partition, alors que les cœurs se gonflent d’allégresse, que la sève des érables, comme le désir des hommes, jaillit sans pudeur, alors que partout le printemps joue à l’insolent, la neige, belle, pure, immaculée, s’écrase sur les gazons jaunis, se répand dans les égouts trop pleins, s’étiole sans âme dans les ruelles boueuses.

Où est passé le blanc? Il n’y a pas si longtemps, la campagne ressemblait à une page blanche où s’écrivait notre histoire. Elle a été transformée en torchon sale parsemé de poubelles éventrées, de vieux matelas humides, de papiers gras,…

La couleur du printemps est le brun.

Synonyme de fleurs ailleurs, le printemps a chez nous le parfum des ordures, le relief des poubelles, la couleur de la merde. Quand on lève le voile blanc de l’hiver, on découvre un champ de cochonneries. Si ce n’est pas moi qui les ai jetées, c’est vous.

En attendant le vert tendre et les robes fleuries d’un été torride, je pleure le blanc qui a foutu le camp.

Se pourrait-il qu’il se soit transformé en lumière?

Texte publié dans BRANCHEZ-VOUS.com