10 choses que les touristes disent sur Montréal…

Montreal…et que les Montréalais ne disent pas.

Cet été, j’ai accueilli des touristes en visite au Québec. Des familles, des couples, des ados, des adultes, des retraités, des Belges, des Français, des Américains… Je les ai baladés à travers la métropole. Et je les ai entendus dire de bien belles choses sur notre ville. Des choses que les Montréalais ne disent jamais.

Pourquoi les Montréalais ont-ils une si piètre opinion de leur ville alors que les visiteurs n’ont que des bons mots pour elle? Pourquoi les Montréalais se plaignent-ils autant alors que les étrangers les envient tant ? Voici 10 choses que j’ai entendues de la bouche de mes amis touristes alors que les Montréalais pensent le contraire.

# 1 Les trottoirs sont propres

Bien sûr, ces touristes n’étaient pas là au printemps, quand la neige a fondu et qu’elle a laissé derrière elle six mois de cochonneries. Vous ne vous en doutiez sans doute pas, mais Montréal est une ville beaucoup plus propre que certaines capitales et grandes métropoles internationales. Ses quartiers résidentiels sont bordés d’arbres, il y a de plus en plus de saillies de trottoirs fleuries, il y a des poubelles un peu partout et on voit de moins en moins de gens jeter leurs papiers à terre. À Montréal, même les propriétaires de chiens ramassent les cacas de leur fidèle compagnon.

# 2 Les automobilistes sont courtois

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est un ami bruxellois qui n’en revient pas que les autos laissent traverser les piétons, qu’elles cèdent le passage à ceux qui mettent leurs clignotants pour dépasser ou qu’elles ne font pas la course pour voir qui sera le premier à s’engouffrer sur le Métropolitain.

# 3 C’est le paradis des cyclistes

Bien sûr, nous n’avons pas encore la culture du vélo qu’a Amsterdam, mais les touristes que j’ai interrogés étaient admiratifs devant le nombre de pistes cyclables, de cyclistes à toute heure du jour et de la nuit et de vélos attachés un peu partout en ville.

# 4 La ville est calme

Même en plein cœur de Montréal, on peut se parler sans devoir crier. Il y a bien quelques camions bruyants et quelques marteaux piqueurs, mais la rumeur urbaine est bien moins intense que celle de New York, d’Athènes ou de Bombay. Rares sont les klaxons, et le bruit des scooters n’a rien à voir avec celui des mobylettes de Marseille ou des Vespas de Milan. C’est surtout dans les quartiers résidentiels, à deux pas du centre-ville, qu’on se rend compte que Montréal est une ville calme. On entend le chant des oiseaux, le bruit du vent dans les arbres et quelques notes de musique sorties d’un piano public.

# 5 Les gens sont tolérants

Le débat sur la charte, les valeurs et le foulard islamique nous a fait oublier qu’au Québec, les gens de toutes les origines vivent en harmonie. Mes amis européens n’en revenaient pas de la grande variété ethnique qu’on retrouve à travers la ville. On ne sent pas ici le poids oppressant d’une immigration dominante comme dans certaines villes d’Europe. Au contraire, si chacun conserve la vivacité de ses racines, on sent que c’est au Québec qu’il a envie de les faire fleurir.

# 6 Les autobus passent souvent

On entend toujours que le métro est en panne. Pourtant les visiteurs qui ont dû prendre le transport en commun à Montréal ont trouvé que c’était facile, rapide et fiable. Il y a même des bus de nuit.

# 7 Il n’y a pas de trafic

Dire que les rues de Montréal sont encombrées, c’est ne pas connaître le trafic ailleurs. Tous les touristes, je dis bien tous, qui sont venus me rendre visite cet été ont trouvé qu’il était facile et rapide de circuler à Montréal. Il y a de grandes avenues droites, la ville est entourée d’autoroutes et si on est bloqué, ce ne sera jamais plus de quelques minutes (sauf un samedi soir de feu d’artifice, de vente trottoir et de festival, mais avouez que ça, ça n’arrive qu’une ou deux fois par année).

# 8 Les gens sont accueillants

Les Montréalais sont souriants. Dans les boutiques ils vous accueillent avec un joyeux « Bonjour/Hi ». Ils vous demandent comment vous allez avant de vous demander ce que vous voulez. Dans les restaurants les serveurs s’enquièrent de savoir si « tout est à votre goût » et à la fin ils vous proposent « un bon café ». En ville, s’ils vous voient en train de consulter une carte, ils vont même vous proposer leur aide.

# 9 On trouve de tout à l’épicerie

Ce qui a le plus étonné mes visiteurs, c’est que dans les épiceries de Montréal on trouve des produits qui viennent de partout. Les étals débordent de fruits et légumes, il y a un nombre incalculable de variétés de céréales et on peut faire aussi bien de la cuisine mexicaine, chinoise ou grecque avec les bonnes épices et les bons ingrédients.

# 10 Montréal est sécuritaire

Alors que mes amis ne laisseraient jamais leurs ados rentrer le soir seuls en autobus à Paris ou à Bruxelles, ils ont constaté qu’à Montréal, on peut se balader sans danger, sans se sentir agressé ni oppressé. La ville est tranquille et dégage un sentiment de sérénité.

Texte publié dans le Huffingon Post

 

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Tu feras ce que tu veux mon fils

HommeC’est la rentrée, le retour à l’école, le temps où les petites frimousses retrouvent leurs amis, leurs profs, leur routine, leurs devoirs. L’époque où les papas et les mamans s’activent à inscrire leurs rejetons dans milles activités parascolaires aussi créatives qu’éducatives. Les parents d’aujourd’hui aiment laisser leurs enfants faire et devenir ce qu’ils veulent. C’est pour ça que notre société a tant de comiques et si peu d’infirmières, tant de vedettes et si peu de philosophes, tant d’artistes et si peu de plombiers.

Autrefois (vous savez, cette époque révolue où l’on mourrait à 50 ans et l’on n’avait pas le droit de manger de tartare le vendredi) autrefois, disais-je donc avant de devoir expliquer pourquoi il faut de temps en temps connaître le passé pour prédire l’avenir, il était de bon ton d’avoir un médecin dans la famille. C’est peut-être de là que vient l’expression «médecin de famille». Et ceci explique peut-être aussi qu’il y en ait si peu aujourd’hui.

À cette époque, les bonnes familles, je parle de celles qui savaient faire des enfants en grand nombre pour renforcer les bases de la société et cultiver les forces vives de la nation, engendraient aussi un militaire, pour défendre le pays, un notaire, pour régler les différents entre les gens, un bricoleur pour les petites réparations, un professeur, pour enseigner aux générations futures, parfois même, dans les meilleures d’entre elles, elles produisaient aussi un curé pour le salut des âmes et le profit de l’Église ou un politicien pour avoir une rue à son nom. Notez que si tous ces métiers sont au masculin, c’est que c’était l’usage grammatical qui prévalait en ce temps-là et, qu’à l’époque, le seul métier pratiqué par les femmes, à part nonne, c’était celui de mère de famille.

On fait moins d’enfants qu’avant. On vieillit plus longtemps aussi. La société change. On travaille moins, on gagne plus (avant de grimper aux rideaux pour dire que c’est faux, demandez à votre arrière-grand-père, s’il vit encore, combien il gagnait et combien d’heures il travaillait par semaine). On part plus souvent en voyage, on mange mieux, on a plus de choix à la SAQ, les jeunes font plus d’études, on a plus de chaînes de tivi dans notre poste et beaucoup beaucoup plus de n’importe quoi sur internet, on a de plus grandes maisons avec moins de monde dedans, on a des voitures plus puissantes et plus grosses, on lit plus (ça c’est quand il y a des livres dans les écoles), on a internet haute-vitesse illimité,…

Tant mieux. C’est le progrès.

De nos jours, on a plus de choix. Mais ces choix sont influencés par la pression qu’exercent les médias sur la masse.

Aujourd’hui, mon fils, tu seras comédien, humoriste, joueur de hockey ou douchebag dans une télé-réalité. Parce ce que se sont les seuls modèles qu’on te montre.

Texte publié dans le Huffington Post.

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Pourquoi un blogue professionnel et comment?

Poste-1024x597Un peu plus tôt cet été, je vous parlais ici de mon nouveau projet: Esprit de Marque, un blogue consacré au marketing de contenu. Depuis, nous avons écrit pas mal d’articles sur le sujet et commencé à rencontrer de plus en plus de gens intéressés par le contenu de marque, son efficacité et les stratégies pour le mettre en place.

Voici un article que j’ai récemment écrit sur notre blogue qui explique les raisons de rédiger un blogue d’affaires en se basant sur l’exemple d’Esprit de Marque.

Pourquoi un blogues professionnel et comment?

On entend souvent dire que la tenue d’un blogue professionnel est un élément essentiel d’une stratégie de marque. C’est vrai. Aujourd’hui, un blogue permet de développer son image et d’affirmer sa présence avec peu d’investissements. N’est-ce pas par un blogue qu’Esprit de Marque a commencé?

Le blogue reste donc la façon la plus simple et la moins chère de commencer une stratégie de marketing de contenu.

Quels sont vos objectifs?

Un blogue d’entreprise peut avoir plusieurs objectifs. À vous de les définir avant de vous lancer dans la production de contenu. N’essayez pas de tout faire ou de tout mettre dans votre blogue. Rappelez-vous que plus sa ligne éditoriale sera claire pour votre auditoire, plus il aura de chances d’être consulté.

À quoi peut servir un blogue?

• Échanger entre vos employés.

• Partager des connaissances de l’entreprise.

• Rechercher : veille et centralisation des données concernant un secteur.

• Blogue de presse, outil de relation publique.

• Renforcer le sentiment d’appartenance à la marque.

• Fédérer une communauté autour d’une marque.

• Soutenir des opérations promotionnelles, lancements, offres, concours.

• Service à la clientèle, contact direct avec les clients et les prospects.

• Gestion de crise en réaction à un événement particulier.

• Humaniser la marque.

À titre d’exemple, chez Esprit de Marque, nous avons identifié deux axes principaux :

• Nous faire reconnaître comme experts en marketing de contenu.

• Faire profiter la communauté de nos connaissances et de nos expériences.

Que faire avant de commencer un blogue professionnel?

Avant de lancer votre blogue, mettez tout en place afin que ce soit un succès.

Répondez à ces 4 questions:

• Votre blogue s’adresse-t-il à l’interne ou à l’externe?

• Quels sont les employés prêts à collaborer à sa tenue?

• À quel rythme pensez-vous le mettre à jour?

• Avez-vous un bon réseau social pour le diffuser?

Chez Esprit de Marque, nous avons vite trouvé les réponses:

• Notre blogue s’adresse aux professionnels des communications, directeurs du marketing, etc.

• Patrick Pierra et moi pouvons rédiger des articles sur des sujets variés et spécialisés.

• Nous pouvons écrire au moins un article par semaine.

• Nous avons ouvert une page Facebook, un compte Twitter et un compte Linkedin.

Quelle plateforme utiliser?

Il existe plusieurs plateformes de gestion de contenu gratuites et faciles à gérer. Elles se valent et se ressemblent.

• Blogger : plateforme souple et très ouverte.

• Blog4ever : permet aux débutants de créer rapidement un blogue.

• WordPress : interface simple avec un grand choix de designs gratuits.

• OverBlog : interface intuitive et design personnalisable.

Chez Esprit de Marque nous avons opté pour WordPress. C’est la plateforme que j’utilisais déjà depuis des années pour mon blogue personnel, je la connaissais donc bien. Un designer et une développeuse web nous ont aidés à personnaliser le blogue à notre image.

À vous de jouer!

La création de contenu et la gestion de l’interactivité font désormais partie de votre plan de communication. Dans une prochaine publication, nous vous donnerons quelques trucs pour générer du trafic, maximiser le contenu et mettre en valeur votre marque sur votre blogue professionnel et ce, toujours à moindres coûts.

Texte publié sur Esprit de Marque, le blogue du marketing de contenu.

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Biocarburant: manger ou conduire, il faut choisir

BarbeléÀ la saison des épluchettes, le sort du maïs ne semble pas vous émouvoir plus que celui du melon de Montréal ou de la tomate noire de Russie.

Saviez-vous qu’aux États-Unis, un quart de la production de maïs ne finit pas dans une assiette, mais part en fumée sur les autoroutes et dans les embouteillages?

Nos voisins du Sud voient dans les biocarburants le messie de l’énergie. Nos amis brésiliens sacrifient en leurs noms des pans entiers de leur forêt tropicale. Et les chauffeurs de VUS en gavent leurs véhicules gloutons pour se donner bonne conscience.

Maïs, huile de palme, canne à sucre… C’est la ruée vers l’or vert. Le sirop de maïs va-t-il supplanter le litre de sable bitumineux à la pompe? Les biocarburants sont-ils la solution miracle pour étancher la soif de nos moteurs de plus en plus gros? D’un côté, on leur promet un avenir radieux. De l’autre, on crie au danger écologique.

L’avenir des biocarburants n’est, en effet, pas aussi rose qu’on le prétend. 87% des forêts tropicales détruites en Malaisie entre 1995 et 2000 l’ont été dans le but de créer des plantations d’huile de palme (pour fabriquer du biodiesel). Des milliers de kilomètres carrés de forêt amazonienne sont défrichés chaque année au profit des plantations de canne à sucre (pour fabriquer du bioéthanol). Ici, on épand à perte de vue des boues d’épuration pour faire pousser du maïs transgénique en abondance. Là, on arrose les champs de pesticides pour accélérer la pousse de plantes OGM.

La production du jus de carburant est ultra-polluante. Mais ce n’est pas le plus inquiétant. Saviez-vous qu’il faut environ 225 kilos de maïs pour faire le plein de 50 litres de carburant agroalimentaire? 225 kilos de maïs, c’est suffisant pour nourrir combien de personnes pendant un an?

Brûler de la nourriture pour pouvoir aller au centre d’achat chercher… de la nourriture, est-ce la meilleure idée que l’homme a trouvée depuis l’invention de la roue?

C’est tout le paradoxe. On essaye de remplacer le bon vieux pétrole gluant qui vient à manquer cruellement par d’autres combustibles tout aussi nocifs pour notre planète de moins en moins bleue et ses habitants de plus en plus nombreux.

Et si on tentait plutôt de changer les habitudes? De proposer de nouvelles politiques du transport? D’améliorer et de multiplier les transports en commun au lieu de construire de nouvelles routes et de nouveaux ponts sur lesquels vont s’engouffrer des milliers de nouvelles voitures? D’envisager de véritables alternatives comme la voiture électrique ou le moteur à hydrogène? D’inciter les gens à revenir en ville au lieu de s’éloigner sans cesse un peu plus de leur lieu de travail? De déplacer les lieux de travail vers ces banlieues éloignées de plus en plus peuplées?

Bientôt, le maïs ne nourrira plus que des moteurs de chars. Faudra-t-il attendre qu’on nous prive de poutine pour agir?

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Les Québécois visitent-ils le Québec?

10562941_10152267664042633_2382519819415323507_nCet été, j’ai fait le tour du Québec. De Trois-Rivières à Trois-Pistoles, de Mont-Sainte-Anne à Saint-Anne-des-Monts, de Saint-Fabien à Saint-Félicien. Je suis passé par Métis-sur-Mer, Saint-Rose-du-Nord, Val-Jalbert, Iron-Hill. J’ai campé dans le parc de la Gaspésie, à la Chute à l’Ours, dans la baie de Mont-Louis, sur le bord du Saint-Laurent, au lac des Piles. J’ai croisé en pleine nature des orignaux sauvages, des baleines, des phoques, des renards…

10454561_10152266474362633_3725960573233797102_nJ’ai fait près de 4000 kilomètres sans passer une seule frontière. J’ai vu la mer et la montagne. J’ai traversé les forêts et les campagnes. J’ai rencontré des pêcheurs et des agriculteurs. Le Québec est vraiment un pays, je veux dire un endroit, formidable à visiter et tellement agréable à vivre. Ils sont d’ailleurs des millions à travers le monde à vouloir le parcourir de long en large et de bas en haut pour ne pas en manquer une seule goutte avec, parfois, l’espoir de venir s’y installer.

Ça faisait au moins la quinzième fois que j’allais en Mauricie en 25 ans, la millième fois que je me baladais dans les Canton de l’Est, mais seulement la quatrième au Sag/Lac et la deuxième en Haute Gaspésie.

10598226_481421998627682_1585925919_nCombien de Québécois visitent vraiment leur pays? Combien de Montréalais sont allés dans les Chic-Chocs? Combien de Lavallois connaissent le Parc des Hautes-Gorges? Combien de Gatinois se sont promenés dans le zoo de St-Félicien? Combien de Saguenéens ont visité le musée d’art contemporain de Montréal?

Pendant mon périple, alors que je me baladais dans les plus beaux endroits du Québec, j’ai été frappé par le nombre de Français, une véritable invasion diront certains. Nos cousins connaissent souvent mieux le Québec que nous. J’ai été étonné de voir autant de voitures d’Ontario, de touristes de Pennsylvanie, de familles de Belgique, de jeunes venus en groupe d’Amérique du Sud.

10598240_343908742439789_1795958886_nEt je pensais à tous ces Québécois qui parcourent le monde, qui connaissent la Floride comme leur poche, qui partent chaque hiver dans le Sud, qui visitent chaque année deux ou trois pays d’Europe, qui font des croisières dans les Caraïbes. Que savent-ils de leur magnifique pays?

Bien sûr, les chiffres nous disent que les Québécois ne voyagent pas tant que ça à l’étranger, qu’ils sont de plus en plus nombreux à rester au Québec à cause de la crise, du manque de temps, du prix de l’essence… Mais où sont-ils s’ils ne sont pas dans les plus beaux endroits touristiques du Québec? Chez eux? Au chalet? Dans un centre d’achat?

Texte publié dans le Huffington Post.

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Le bonheur est dans la rue

r-RUE-SAINTE-CATHERINE-large570Encore une fois, cet été, la rue Ste-Catherine est fermée à la circulation entre St-Hubert et Papineau. La ville a pris ses airs de vacances, les trottoirs retrouvent leur vocation nonchalante et les terrasses éclosent comme autant de fleurs dans un jardin urbain à visage humain.

Vous avez vu ? Les gens se sourient dans la rue, ils s’arrêtent, se parlent, se rencontrent, prennent le temps, retrouvent la joie de marcher, le bonheur d’errer. Le lunch n’est plus une commodité où l’on enfourne une pizza entre deux réunions pour se caler l’estomac. C’est un moment de pur plaisir partagé avec des collègues à l’ombre des parasols.
Avec l’été et le retour des rues piétonnes, la ville a retrouvé un tempo non troppo qui donne le goût de prendre le temps de vivre, quand je dis la ville, je dis quelques bouts de ville, ici c’est la rue Ste-Catherine, là ce sont les ventes trottoir sur St-Laurent, Mont-Royal, Masson, name it. Pour quelques jours de bonheur urbain, la ville respire enfin au rythme des piétons, elle redonne un sens à son existence.

Sur deux ou trois coins de rues habituellement consacrés à la circulation automobile, la ville dont on rêve n’existe plus seulement dans les discours des politiciens et dans les chroniques des chroniqueurs aigris, elle est à notre porte. Mais les bouts de rues piétonnes sont bien trop rares et beaucoup trop courts. Les ventes trottoirs ne durent que quelques jours. Les terrasses sont confinées dans quelques quartiers bien réglementés.

Quand c’est l’été, les automobilistes pestent et klaxonnent contre la ville congestionnée comme un nez en hiver. La prochaine fois, j’ose espérer pour leur bonheur et le nôtre qu’ils penseront laisser leur auto à la maison et qu’ils prendront la rue d’assaut comme des milliers d’autres piétons épanouis.

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Qu’est devenu cet enfant inscouciant?

HommeOn a tous un jour été un joli petit poupon craquant et fragile. Même le pire tortionnaire, même la pire tête de linotte, même le roi des cons, le prince des ténèbres ou le caporal-chef ont tous été un moment donné un petit bébé replet et mignon.

C’est fou, non?

Comment passe-t-on de bambin à bandit? Comment un gentil monstre peut-il devenir un vilain barbare? Pourquoi une jolie princesse peut-elle se transformer en vulgaire pouffiasse? Quel malheur a frappé un enfant insouciant pour qu’il devienne un politicien corrompu, une ministre vendue aux intérêts privés, un actionnaire vorace, un patron sans états d’âme ou un sanguinaire militaire?

Je ne voudrais pas donner l’impression de plagier Jean-Jacques Rousseau, mais ne devrait-on pas toujours, en tant que société civilisée qui a repoussé un matin la grande noirceur, qui a éliminé la barbarie à coups de civilisation, qui a inventé la brosse à dents électrique et qui a créé la démocratie et la justice sociale, ne devrait-on pas, disais-je, toujours nous assurer que les petits bouts de chou d’aujourd’hui qui deviendront les grandes gueules de demain soient plus intègres, plus gentils, plus cultivés, plus drôles, plus instruits, bref, plus bons que ceux qui les ont précédés?

Rappelez-vous que ce sont eux qui s’occuperont de nous quand on fera dans notre couche, quand il faudra nous préparer du manger mou et quand nous ne nous souviendrons même plus qu’on avait coulé notre économie dans du béton qui s’effrite et dans un système de santé plus malade que ses patients.

Il faut prendre soin de nos enfants aujourd’hui, maintenant, tout de suite. Il faut donner le meilleur de notre société à tous les enfants. Sans exception. Il faut leur montrer l’exemple, se serrer la ceinture si on veut qu’ils serrent la leur, être honnête si on ne veut pas qu’ils travaillent au noir, être économe si on ne souhaite pas qu’ils gaspillent encore plus que nous, être juste si on ne veut pas qu’ils profitent de nous quand nous n’aurons plus la force de profiter d’eux…

Sinon, un petit Adolphe, un jeune Mouammar, une gentille Margaret ou un insignifiant Augusto pourraient voir le jour et nous plonger, quand ils deviendront grands, dans une autre grande noirceur.

Texte publié dans le Huffington Post.

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