Trop c’est trop!

IMG_5320Dans notre société obèse vouée à la surconsommation, on a trop de choix. Tellement, qu’à force de ne plus savoir où donner de la tête, on la perd.

Ne vous est-il jamais arrivé de rester figé devant l’inventaire des possibles? D’être paralysé face à la multitude des options? D’avoir le choix et finalement de ne rien faire? On a dépassé depuis des lustres le stade du plan B. Nous en sommes au plan T, U, V et même au plan W…

Trop, c’est comme pas assez.

Trop d’analystes, trop de spécialistes, trop d’éditorialistes, trop de columnistes, trop d’experts, trop de critiques, trop de blogueurs. Pas assez d’idées.

Trop de rêves, trop de désirs, trop d’appétit, trop de phantasmes et trop de célibataires. Pas étonnant que tant de couples éclatent. On passe sa vie à se demander si on a fait le bon choix.

Trop de films sur les écrans, trop de livres dans les bibliothèques, trop de musique dans notre disque dur, trop de séries sur Netflix, trop de concerts dans les salles, trop de spectacles à l’affiche, trop de chanteurs dans le top 10, trop de sites web, trop de chaînes de télé, trop de radios. Et pourtant pas assez de culture dans nos vies.

Trop de projets à réaliser, trop de sorties à faire, trop d’invitations à honorer, trop de destinations vacances où décoller. Et tant de temps perdu à rester scotché sur le canapé.

Tellement trop de jouets qu’on ne joue finalement plus avec aucun. Trop de cadeaux qu’on ne sait plus dire merci. Trop de plats du jour qu’on mange toujours les mêmes poutines.

Il fut un temps où l’on mangeait tous les jours la même chose – quand on mangeait. Il n’y avait que les dimanches et les jours de fête où l’on avait droit à un morceau de viande avariée ou un bout de fruit pourri. Et on s’en réjouissait.

De nos jours, avec les magasins ouverts 7 jours sur 7, les promos à l’année longue et la kyrielle de choix à faire, même les dimanches ressemblent à des jours de semaine. Pas étonnant qu’on déprime tous les jours comme si c’était des lundis.

Il fut une époque où il n’y avait qu’un seul réseau de télévision, on le regardait religieusement en famille; qu’un seul plat du jour, on le commandait les yeux fermés; qu’un seul film en salle, c’était une fête d’aller au cinéma; qu’une seule jolie fille à marier au village, on l’épousait pour la vie.

Aujourd’hui, on a l’embarras des choix. Pourtant, on ne devrait jamais vivre dans l’embarras.

Pendant ce temps, des milliards de personnes dans des centaines de pays n’ont pas le choix.

 

Texte publié dans le Huffington Post.

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Un voyage dans le temps

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Il fallait voir la tête du douanier américain quand nous lui avons dit que nous allions à Poughkeepsie (NY). Il était 4 heures 45 du matin jeudi dernier. Il faisait noir. Dans le bureau où Patrick a dû compléter les formalités, les quelques agents du poste frontalier de Lacolle/Champlain avaient la mine endormie et le geste lent. Nous étions les seuls « clients ».

Quand est-ce que ça arrive qu’il n’y a personne au poste de douane de Lacolle ?

Ma petite voiture a descendu les Adirondacks comme une machine à remonter le temps. En chemin, nous avons beaucoup parlé. De la vie, des relations entre les gens, du temps qui passe, des souvenirs, de la famille, des enfants, de la société, de la civilisation, de l’intimidation, du pouvoir qui altère la raison, des hommes et des femmes, des femmes et des hommes, du jugement des autres, des racines et de l’immigration, du pays d’où l’on vient et du monde où l’on va, du délire paranoïaque qui anime certaines figures médiatiques, de chirurgie pédiatrique, de marketing de contenu, de l’accélération irréversible des choses, de la technologie qui améliore la vie et de la technologie qui détourne de la vie,…

Le jour se levait quand nous avons croisé le trafic d’Albany sur l’Interstate 87. Au-delà des Catskills, il y avait la jeunesse de mon ami Patrick Froehlich. Dans les années 1960, sa famille avait suivi son père ingénieur chez IBM. Et pendant quelques années, le petit français a vécu comme un petit américain.

Lorsque Patrick m’a appris qu’il n’était jamais retourné dans la région de Poughkeepsie depuis près de 40 ans, je me suis dit que ce serait un excellent prétexte pour un road trip impromptu sur les traces de son passé à recomposer. Il n’a pas hésité longtemps à dire oui à ma folle proposition.

À Newburgh, nous avons quitté la 87 et pris le pont qui enjambe l’Hudson. Patrick avait méticuleusement noté chaque adresse que nous devions visiter. Nous n’allions pas remonter le temps de manière chronologique, mais dans l’ordre géographique, du Sud au Nord. En commençant par Fishkill et en remontant jusqu’à Poughkeepsie.PONT«Ma piscine! C’est ma piscine! C’est là que j’ai appris à nager!» Patrick était ému et troublé. Ça ne ressemblait pas à ses souvenirs. Les petits immeubles du quartier Mountain View n’étaient plus verts. Mais avaient-ils un jour été verts ? Le gardien de sécurité est venu nous voir. Aux États-Unis, il y a toujours un gardien de sécurité qui surgit de quelque part pour vous demander ce que vous faites. Les arbres avaient-ils poussés? Les maisons avaient-elles été repeintes? Une gentille retraitée qui fait du travail bénévole nous a aiguillés vers un autre développement immobilier. Aux États-Unis, il y a toujours une gentille retraitée qui fait du travail bénévole prête à vous aider.

GFishkillreen Hill, c’était là, de l’autre côté de la route 9. La maison des Froehlich était bien verte. La piscine, le parc avec la fusée bleue, les balançoires, les murs de bois verts, le petit balcon,… Tout était encore là.

La mémoire vive de Patrick tournait à plein régime.

 

_hgaczggJpwqh_mHdy0QYi4vEuPahQgT2ismSMNpQ8QNous sommes allés au Friendly’s de Fishkill pour manger les pancakes de son enfance. La bâtisse n’avait pas bougé, elle se trouvait toujours au cœur du village, la pancarte bien visible. Mais le parking était vide, les vitres étaient sales, la porte était fermée. Nous sommes allés au Diner 84 essayer de retrouver les saveurs du passé. Les pancakes avaient le même goût que dans les souvenirs de Patrick. Le sirop de poteau goûtait le sirop d’érable. Le bacon était crispy. Les œufs au miroir étaient bien gluants. Les clients avaient 100 ans et leurs regards racontaient l’Amérique. La tasse de café était toujours pleine et la serveuse était rigolote.

 

La panse bien tendue, nous avons marché un peu dans l’unique rue de Fishkill.

School2Ce monsieur avec son chapeau de paille. Était-ce un ancien prof de gym? Et cette vieille dame à la peau toute fripée? Une ancienne institutrice? J’imaginais un tas de rencontres improbables. En Amérique, les gens ont les racines friables et ne restent pas souvent toute une vie au même endroit.

L’école primaire de Fishkill, elle, n’avait pas changé. Mais il était bien entendu impossible d’y entrer.

Nous avons continué vers le Nord.

Wappinger Falls, le High School surveillé par un gardien qui ne nous a pas laissés approcher, l’église où les petits français d’IBM suivaient des cours pendant que leurs amis américains faisaient du sport, l’ultime maison familiale avec l’escalier de béton sous lequel Patrick traquait les couleuvres.

Plus au Nord encore, les installations d’IBM. Nous avons passé les barrières sans contrôle. De gigantesques stationnements, des immeubles de béton, l’Hudson, des kilomètres de terrains privés, un sentiment de vide.

Appart1La route 9 comme une ligne du temps.

Poughkeepsie, la destination finale de notre voyage impromptu. Le premier appartement, la petite école, le terrain de golf d’IBM et ses installations sportives abandonnées elles aussi. L’Amérique dans tous ses états.

 

Patrick retrouve ses marques, revoit des images, revit des souvenirs. Le centre de Pougkeepsie n’a pas beaucoup changé. Moins de tension, mais autant de pauvreté. Des façades placardées, des terrains vagues, des acheteurs d’or, des magasins à 1$. Des pans de vie défilent sous le regard des gros noirs immobiles sur le seuil des boutiques désaffectées.

10727818_511986288938500_213538529_nPatrick achète le Pougkeepsie Journal. Nous prenons un café au Alex’s Restaurant. Parmi les nouvelles, la vente des installations d’IBM. 14 000 emplois perdus. Le présent rattrape le passé. Elle est loin l’époque où la multinationale faisait venir des ingénieurs d’Europe avec leur famille au complet. Le petit Patrick voit son passé qui s’échappe. Nous lisons en direct l’épilogue triste de l’histoire d’une région sans histoire qui, comme tant d’autres, a vécu la croissance et le déclin en quelques décennies.

Nous remontons l’Hudson vers notre présent par Vassar College puis les jolis villages de Hyde Park, Rhinebeck, retraverser l’Hudson, la 87, les terrasses d’automne des banlieues d’Albany sont pleines de gens insouciants, les Adirondacks encore dans le noir, la lune un peu moins ronde, la frontière comme dernier chapitre d’un voyage dans le temps.

Au bout de la route, les lumières de Montréal dansent à l’horizon. Et la vie continue.

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Austérité: où sont les responsables?

TribunalCommerceÀ entendre notre bon gouvernement Couillard, nous voilà plongés dans la période la plus sombre de l’histoire du Québec depuis l’invention du déficit. C’est la crise. Le Québec croule sous la dette. Nous allons tous, enfin presque, passer au cash afin de regarnir les caisses de l’État et, accessoirement, les poches de quelques habiles manipulateurs.

Mais où sont les responsables de l’évasion de tous ces sous qui nous font désormais cruellement défaut? Si je me rappelle bien, cet argent qui a disparu, c’est nous qui l’avions scrupuleusement donné année après année à grands coûts de chèques au receveur général et au ministre des Finances.

Où sont les jongleurs de la finance mondiale qui nous ont joué un vilain tour de magie? Que sont devenus les évadés fiscaux qui pompent du fric comme d’autres pompent notre sous-sol? Dénichez vite dans leur retraite dorée ces rapaces de l’économie qui s’en sont mis plein les poches pendant que nous, nous attrapions des poches sous les yeux à force de nous tuer à la tâche. Trouvez les noms de leurs complices gouvernementaux qui les ont laissés vider les coffres sans dire un mot. Faites la lumière sur ces entrepreneurs véreux qui ont coulé nos économies dans le béton friable. Rattrapez ces industriels aux mains sales qui ont préféré saloper la planète pour faire plus de profits et qui sont partis en nous laissant la facture de nettoyage.

Vous me direz que ce n’est pas aisé de mettre la main sur les vrais coupables. Surtout qu’ils ont de bons avocats. Si ce n’est pas de leur faute ni de la vôtre, ça doit être de la mienne. Moi aussi, j’ai cherché à faire des profits rapides en plaçant mes avoirs dans des fonds sans fin. Je voulais faire de l’argent facile en faisant travailler mon pécule à ma place. Je ne suis donc qu’un capitaliste comme les autres qui craint pour ses REER, ou ce qu’il en reste…

Vous avez raison. Finalement, c’est de ma faute. La crise, j’en suis responsable.

Mais avoir raison n’est pas une raison pour laisser les vrais responsables se la couler douce en toute impunité. Le crime paye encore. Et les profiteurs courent toujours.

Qu’est-ce qu’on fait? On les regarde courir? On les applaudit? On rêve d’avoir une maison à côté de leur monster house? Et puis on fait bien sagement notre chèque au receveur général et au ministre des Finances?

Texte publié dans le Huffington Post.

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Le temps qui passe

PH-NajamLe photographe Stéphane Najman a lancé jeudi dernier son livre Pièces à conviction, un touchant projet sur lequel il travaillait depuis plus de six ans.

Il m’a demandé de lui écrire sa préface. Ça a été pour moi l’occasion de repenser au passé et de passer le temps qui passe en revue. Voici ce que ça a donné. Vous pourrez le lire aussi dans le très beau livre de Stéphane disponible ici 

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Ça faisait longtemps que Stéphane Najman me parlait de son projet photographique : « Je prends une photo de quelqu’un aujourd’hui qui tient dans les mains une photo de lui ou d’elle dans la vingtaine. » Une image dans l’image. La rencontre du temps qui passe avec le temps qui s’arrête. J’essayais d’imaginer ce que ça donnerait avec moi. Mais je ne me souvenais plus de ce que j’étais ni à quoi je ressemblais à vingt ans.

Quand Stéphane m’a demandé d’écrire la préface de son livre, j’étais fébrile et curieux. Une pré-face, c’est un peu comme la tête qu’on fait avant. Mais peut-on se faire une idée sans vraiment avoir vécu l’expérience ?

Plus qu’un simple portrait pris par un professionnel qui a immortalisé un tas de personnalités et de vedettes, le projet « Pièces à conviction » de Najman est à l’image de son nom d’artiste : Photoman, l’homme photo.

Je m’imaginais dans le studio de Stéphane, tenant dans les mains une photo de moi à l’âge où l’on croit que tout est encore possible. Qu’est-ce qu’on pense à cet instant où le photographe nous fige pour la postérité ? Comment se sent-on quand on assiste à la rencontre de celui qu’on est avec celui qu’on était ? A-t-on des regrets ? Prend-on conscience de la vie qui finit ? A-t-on envie d’exposer ainsi à tout le monde la preuve que nous ne faisons que passer ? Le projet de Najman donne une autre dimension à l’art du portrait : celle du temps.

Stéphane m’a aussi demandé s’il pouvait me photographier. Je n’étais plus celui qui écrivait la préface, j’étais aussi celui qui allait passer dans l’œil du photographe. J’ai commencé à fouiller parmi les rares photos que j’ai de moi dans la vingtaine. C’était avant le numérique, Instagram, les téléphones qui font des photos et les Selfies.

« Pièces à conviction » devient une expérience, un voyage dans les archives de notre vie. Plus j’avançais dans ma recherche de photos et réfléchissais à la démarche de Najman, plus mon idée de préface se transformait en aventure initiatique au cœur de ce que nous sommes vraiment. À chaque âge ses rêves, ses désirs et ses convictions.

Je n’allais plus écrire sur une série de portraits photographiques. J’allais écrire sur la vie.

Au-delà des images de Najman, il y a des témoignages. Chaque prise de vue est une prise de conscience. Il y a de la pudeur et de la retenue dans les portraits de « Pièces à conviction ». Nous avons sous les yeux les preuves irréfutables de la vie qui défile. Entre l’image en papier et les gens, il y a leur histoire.

Ce beau livre vous invite à scruter celle-ci et à deviner, à travers les rides, les sourires, les éclats dans les yeux, les gestes et les postures, les chemins que la vie a pris.

J’ai enfin trouvé quelques photos de moi. Laquelle Stéphane allait-il choisir ? Qu’allait-elle raconter sur celui que j’étais devenu ? C’était à mon tour, maintenant, de me mettre sous les projecteurs du photographe et d’aller à la rencontre de mon passé…

Je me suis retrouvé en tête à tête avec moi sans ride, sans cheveux gris, le menton moins rond, le corps moins lourd. Sur l’image d’autrefois, j’avais l’air raide, lisse, sérieux, timide, tendu. Devant l’appareil de Stéphane, j’ai commencé à réanimer les souvenirs, revivre les instants oubliés. Entre moi et moi, il n’y avait pas de regrets. Que des éclats de vie. Étais-je mieux avant-hier ? Étais-je plus heureux ? Avais-je plus de rêves, plus d’ambition ? Je ne savais pas vraiment quoi dire. Après tout, ce personnage dont je tenais le portrait dans les mains n’existe plus aujourd’hui. Ce jour-là, devant l’objectif du photographe, je me suis senti pourtant bien plus vivant que lorsque j’avais vingt ans, figé sur le papier.

Et puis Stéphane a saisi l’instant.

Sur la photo finale, ce n’est déjà plus moi. C’est moi il y a une semaine qui tient dans les mains la photo d’un autre dont j’ai pris les os, la peau, les organes et les rêves pour devenir celui que je serai à la veille de ma mort.

 

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Mille milliards de milliardaires

10628088_10152355970382633_8805047126319697448_nIl y a donc plus de milliardaires sur terre aujourd’hui qu’hier. Selon les récents calculs d’une banque suisse, on compte en effet 2325 ultra-méga-riches sur notre bonne vieille planète. Vous avez raison, ça ne fait pas des milliards de milliardaires, mais c’est tout de même 155 milliardaires de plus que l’an passé.

Au Québec, nous comptons une grosse poignée de gros richards : la famille Desmarais, le magnat de l’immobilier David Azrieli, le clown cosmique Guy Laliberté, Robert Miller propriétaire de Future Electronics, la famiglia Saputo, the Bronfman family, le financier Stephen Jarislowsky et notre ami Jean Coutu.

Et vous? Comment ça va?

Ça me fait frissonner chaque fois que des banquiers dressent la liste des gens les plus riches de la planète. Que font-ils avec tout ce fric? Je déprime encore plus en entendant le trio de docteurs qui nous sert de gouvernement parler de coupures, d’austérité et de récession. Comme si le monde était définitivement scindé en deux.

Que l’homme – vous remarquerez que c’est rarement une femme – le plus riche de la terre soit un Mexicain, un Russe ou un Chinois, qu’il s’appelle Slim, Gates ou Buffet (vous noterez qu’ils ont souvent des noms rigolos), qu’il possède en banque 50, 60 ou 70 milliards $, que voulez-vous que ça change ? Pouvez-vous imaginer ce que vous ferriez, vous, si vous possédiez 50 milliards dans votre tirelire? Auriez-vous assez d’une vie pour dépenser votre fortune si vous n’aviez même qu’un maigre 0,5 milliard? Pensez-vous qu’un être humain normalement constitué a besoin d’autant de bacon pour être gras dur?

On vient d’apprendre que depuis un an, le nombre de milliardaires a augmenté de 7 %.

Remarquez que 7 %, c’est pas mal plus que le taux d’intérêt que votre banque daigne vous accorder pour gérer vos économies dans un compte épargne.

Les milliardaires se multiplient alors qu’on nous assomme avec la récession. Les prix augmentent, les salaires baissent, les taxes s’affolent et les pauvres s’appauvrissent. Faut croire que la récession n’est pas égale pour tout le monde…

Ce classement des gros pleins de sous nous apprend également que parmi les pays comptant le plus de milliardaires au monde, la Chine, un ex-pays communiste, fait bonne figure… De là à dire que les camps de travail et la révolution culturelle sont des terreaux fertiles pour faire pousser du cash, il n’y a qu’un faux pas que nous nous abstiendrons de faire.

Bon c’est pas tout, fini de rigoler, il faut que je vous laisse. Je dois faire un peu de comptabilité et plusieurs chèques au ministre du Revenu et au receleur général du Canada.

 

Texte publié dans le Huffington Post.

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Arrêter le temps

imagesSe rappeler du 11 septembre 2001. Se rappeler qu’on devait changer. Changer de rythme. Changer de tempo. Arrêter le temps, le temps de reprendre le temps. Ne pas se laisser emporter par la rentrée de toutes les rentrées, scolaire, culturelle, télévisuelle, politique, sportive,… Trouver la première sortie et échapper tout de suite à l’inéluctable.

Changer de point de vue pour changer de point de vie.

En finir avec l’injustice indissociable de l’égoïsme. En finir avec l’arrogance des puissants qui sont des impuissants émotifs et des incompétents affectifs. En finir avec ces moliticiens, mélange de mollesse clientéliste et de politicaillerie profiteuse. En finir avec les chialeurs chroniques, les commentateurs qui radotent et les exégètes sans arguments.

Se rappeler du 11 septembre comme d’un moment où le soleil était plus fort que la poussière, où derrière la violence aveugle surgissait la lumière, où tout à coup la somme des individualistes devenait pure générosité désintéressée, par nécessité mais aussi par élan inconscient d’altruisme bien ordonné. Se souvenir du 11 septembre qui devait changer le monde, nous ouvrir les yeux, rapprocher les gens, questionner notre mode de vie, bouleverser nos habitudes surconsommatrices. Oublier l’ultra sécurité de l’état, le gouvernement Harper fort comme une bande de soudards en campagne, les barrières qui freinent les élans, les idées pauvres et les discours plombés de la droite passéiste et triste. Ne pas se laisser abattre par le cancer des habitudes et continuer le combat inlassablement.

Aimer, même trop même mal*.

Voir dans le geste d’un peintre la vie qui prend son envol. Découvrir la magie d’un matin dans le soleil éblouissant et oublier la laideur du quotidien. Retrouver le goût de l’insouciance qui nous faisait courir quand nous étions gamins pour le plaisir simple d’aller jusqu’au bout de notre souffle, sans casque, sans jambières, sans horaire. Entendre dans une note de violon toutes les promesses du monde. Sourire à la vie comme à une inconnue, pour le bonheur de les voir toutes les deux nous sourire aussi.

Se rappeler que la rentrée, ce ne devrait jamais être une course contre la montre pour arriver le premier à Noël, mais plutôt une longue marche émerveillée, un lent recueillement, un pas après l’autre, pour profiter de chaque minute, pour apprendre de chaque seconde. Parce que ce n’est jamais le but qui compte. C’est le chemin.

Tenter, sans force et sans armure, d’atteindre l’inaccessible étoile*

Arrêter le temps. Un 11 septembre. Comme il y a 13 ans. Et ne pas oublier de se rappeler qu’au dernier jour, quand on n’aura plus le temps, il sera trop tard pour le reprendre.

* Comme chantait Jacques Brel

Texte publié dans le Huffington Post

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Les robots vont-ils remplacer les humains?

Robots-1024x512L’avènement d’internet et le développement de l’intelligence artificielle vont-ils entraîner le remplacement de l’homme par le robot?

Une étude menée récemment par le Pew Research Center nous apprend que certains emplois vont bientôt disparaitre et même que, d’ici une dizaine d’années, il y aura des personnes en couple avec des robots. C’est sans doute extrême, mais c’est vous dire l’avenir radieux qu’on prédit aux machines.

Les robots prennent les commandes!

Les robots sont très bons pour aider les entreprises à réaliser et améliorer diverses tâches. Les caissières de supermarchés sont remplacées par des caisses automatisées et les employés de banques par des guichets automatiques. En production, les robots ont permis de baisser les coûts et d’optimiser les performances. Ils remplacent les soudeurs sur la chaîne de montage ou le magasinier dans l’entrepôt. En marketing de contenu, les outils intelligents ont aidé à augmenter la visibilité dans les moteurs de recherche et à mieux comprendre le parcours des internautes à la recherche de contenu sur les marques.

Mais pour le relationnel ?

Les robots et les clients

Il n’y a qu’un humain pour répondre personnellement à un client pas content, pour trouver les mots justes en fonction d’une situation donnée, pour créer du contenu de marque entièrement original et parfaitement pertinent.

Les connections du cerveau humain sont en effet, pour l’instant du moins, plus complexes que celles d’une machine. Elles permettent une subtilité impalpable qui fait toute la différence quand vient le temps de tisser des liens avec des clients ou des prospects.

Le robot-journalisme

Même si les grands médias de presse osent rarement avouer qu’ils remplacent certaines tâches de leurs journalistes par des machines, ils essayent depuis quelques années déjà d’utiliser des robots pour générer du contenu automatisé.

Le LA Times se sert ainsi des robots pour colliger des données et rédiger des informations sur les tremblements de terre en Californie. Il s’agit en fait d’un algorithme qui fait des comptes rendus de l’activité sismique sur la côte Ouest des États-Unis. Forbes utilise quant à lui une plateforme robotisée pour générer automatiquement des nouvelles sur son site web.

Christer Clerwall, un professeur suédois, a découvert que les lecteurs ne peuvent pas faire une grande différence entre des articles sportifs générés par un robot ou rédigés par un humain.

Mais le contenu généré par un robot a-t-il les mêmes qualités qu’un contenu créé par une personne ? Poser la question, c’est déjà y répondre.

Seul l’humain peut faire preuve d’humanité!

L’étude du Pew Research Center nous rassure cependant en notant que, pour certaines tâches, le robot ne pourra jamais remplacer l’homme. L’humain peut faire preuve de jugement, de souplesse, d’empathie, de créativité. Quand il s’agit de relation avec la clientèle, rien de tel que le contact personnel et humain. Avez-vous déjà entendu quelqu’un clamer qu’il aimait recevoir des robocall ? Il en va de même pour le contenu de marque.

Et vous ? Dans quelle mesure laissez-vous les machines mettre la main sur votre contenu ou gérer les relations avec votre clientèle ?

Texte publié dans le blogue du marketing de contenu Esprit de Marque.

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