Je fais parfois de la pub, comme concepteur-rédacteur…
Mon Westfalia en fait aussi, comme figurant…
Pour voir les trois messages 15 secondes de la campagne 2013 des loteries en ligne de Loto-Québec sur laquelle j’ai travaillé, c’est par ici
Je fais parfois de la pub, comme concepteur-rédacteur…
Mon Westfalia en fait aussi, comme figurant…
Pour voir les trois messages 15 secondes de la campagne 2013 des loteries en ligne de Loto-Québec sur laquelle j’ai travaillé, c’est par ici
Il y a quelques semaines, j’écrivais un texte presque prémonitoire dans Urbania sur le plaisir de lire une carte routière. Un texte qui racontait l’époque d’avant l’invention du GPS.
"Avant le GPS, on dépliait la carte, on évaluait le trajet, on imaginait le relief, on planifiait le voyage, on cherchait le Nord, on visait le Sud, on allait, tel un professeur Tournesol de passage, un peu plus à l’Ouest et puis on se laissait guider par le sens de l’improvisation.
Le voyage se faisait dans la tête avant de se faire dans l’auto. La route était un songe avant d’être une histoire. On connaissait la géographie. On savait la toponymie On comprenait la géologie parce qu’on comprenait les courbes du chemin. On imaginait les côtes avant de les grimper, on sentait le vent de l’océan avant de voir la mer parce qu’on savait qu’elle était là, derrière les plis de la carte."
Je viens d’acheter quelques cartes routières d’Europe. Pour mieux appréhender la route. Ce qui compte, quand on voyage, ce n’est ni le point de départ ni celui d’arrivée, mais bien le chemin qu’on parcourt entre les deux. Le GPS nous donne le plus court, le plus rapide, le plus droit.
Pour notre périple, je tiendrai le volant, Clovis tiendra la carte. Nous pourrons ainsi mieux voguer au pifomètre.
Quand il ne manque que le crochet pour fixer la fenêtre du chauffeur, c’est que ça ne va pas si mal…
La 2CV 1972 qui devrait nous mener de Bruxelles à Harchéchamp en passant par Amsterdam, Legoland, Berlin, Prague, Vienne, Budapest, la Roumanie, la Bulgarie, Athènes, l’Albanie, la Croatie, la Slovénie, l’Italie,… est fin prête.
Elle est passée chez le garagiste (merci papa). Elle a réussi le contrôle technique (merci papa). Elle a obtenu son assurance malgré les méandres administratifs à la française (merci papa). Elle est arrivée à Bruxelles après 400 km et 10 heures de route (merci papa). Elle se repose avant le grand départ dans le confort du garage de l’avenue Marius Renard à Anderlecht (merci papa).
Il ne lui manque qu’un crochet pour permettre à la fenêtre de ne pas retomber violemment sur le coude du conducteur. Le crochet est commandé. Il devrait arriver à Bruxelles…
Combien de chances y a-t-il que je tombe à Montréal sur une 2CV bleue immatriculée en Allemagne et qui traverse le Canada d’un océan à l’autre?
C’est pourtant ce qui est arrivé la semaine passée. J’avais un rendez-vous en ville. Il pleuvait. Je n’ai pas pris mon vélo. Je suis allé en métro. Abrité sous mon parapluie, je me suis laissé pousser par le vent. J’ai pris une ruelle que je ne prends jamais. J’ai marché sur un bout de trottoir que je ne connaissais pas. Il y avait une 2CV bleue qui m’attendait sous une pluie tropicale. Une rencontre improbable. Comme un clin d’œil à notre futur voyage…
Les deux Allemands qui ont commencé leur road trip à travers le Canada racontent leurs péripéties ici. C’est en allemand. Je n’ai pas tout compris. Mais j’ai compris qu’ils sont tombés en panne cette semaine entre Montréal et Ottawa… Allons-nous tomber nous aussi en panne dans les montagnes de Transylvanie? Au fin fond de l’Albanie? Dans les embouteillages de Berlin? Sous le soleil écrasant de Grèce?
Les choses se précisent. La date approche. Dans une semaine, Clovis et moi, nous arrivons à Bruxelles. Quelques jours de préparatifs de dernières minutes, des salutations aux amis, quelques repas en famille… et mercredi 26 juin, nous prenons l’A12 en direction d’Antwerpen et puis d’Amsterdam.
Ce n’est pas vraiment un tour d’Europe que nous allons faire. Un détour plutôt. Un road trip père-fils qui deviendra, le 8 août, quand mon papa remplacera mon fiston rentré à Montréal, un road trip fils-père.
Départ de Belgique. Et puis les pays qui s’enchaînent: Hollande, Danemark, Allemagne, Tchéquie et Slovaquie, Autriche, Hongrie, Roumanie, peut-être un saut en Moldavie, Bulgarie, Grèce avec peut-être un détour en Turquie, Macédoine, Albanie, Monténégro, Croatie, Slovénie, Italie, Liechtenstein, Suisse, France, enfin un passage par le Grand Duché du Luxembourg,..
En tout 8000 km, sans doute plus. Si tout va bien. Deux mois et demi de voyage.
Lisez-moi ici et, tous les jeudis, dans Urbania.
On vit d’impressions. On bâtit nos convictions sur le béton friable de nos perceptions. On pense et on agit sous influence.
Les médias et les diffuseurs de nouvelles ont des responsabilités et pas seulement envers leurs actionnaires. Quand une société est bombardée d’idées reçues comme des manifestants de gaz lacrymogènes, il ne faut pas s’étonner qu’elle ne voit plus très clair.
D’où l’importance d’avoir des médias diversifiés, indépendants et rigoureux. Je répète: des médias diversifiés, indépendants et rigoureux.
C’est malheureusement de moins en moins le cas dans nos sociétés de plus en plus privatisées.
La Grèce a fermé cette semaine sa télévision publique. Ici (!), Radio-Canada est malmenée de tous bords tous côtés, les médias sont plus concentrés que le nouveau javellisant et les journalistes se font régulièrement les porte-paroles involontaires de communiqués de presse concoctés par des gosseurs de la langue de bois.
À force d’entendre toujours les mêmes infos formatées pour entrer dans le moule uniformisé des journaux télés, le téléspectateur/consommateur n’a plus beaucoup de choix pour se faire sa propre idée.
Heureusement, il y a des irréductibles comme Urbania. (Il y a aussi Le Devoir ou Nouveau Projet, mais, vous me connaissez, j’ai un parti pris pour le magazine de la rue St-Alexandre)
Ça fait déjà 10 ans que Philippe Lamarre et Vianney Tremblay, son complice de l’époque, ont lancé le magazine Urbania comme on lance un pavé dans la marre (!). Et c’était hier qu’on fêtait ça!
En 10 ans, le fanzine de graphistes est devenu un média multiplateforme et polycontenu respecté et envié. Vous m’excuserez si je suis dithyrambique et biaisé, je ne suis pas journaliste, je suis chroniqueur d’opinion… et mon opinion n’engage que moi.
Pour m’avoir donné la chance d’écrire ce que je veux et me permettre de partager mes coups de cœur comme mes coups de gueule, pour donner à des voix discordantes la possibilité de s’exprimer, pour l’audace d’inviter des plumes qui chatouillent notre confort, pour l’ouverture sur la différence et le regard qui dérange, pour avoir publié des lettres comme celles de Maryse ou de Sarah, pour le portrait sans concession des villes de la semaine, pour la créativité des couvertures, pour l’aventure, pour le design, pour les bières et les partys, pour les découvertes, les séances de brainstorming et les amis, merci Urbania.
J’avais écrit les fondements de ce texte jeudi dans le blogue d’Urbania… Il n’était pas très bon. Je l’ai remanié.
Notre civilisation est tellement obnubilée par la célébrité instantanée qu’elle préfère la fréquentation des cruches et des caves à celle des penseurs et des sages.
La France, notre lointaine cousine, croule sous les pétasses et les débiles qu’elle prend un malin plaisir à exposer sous les projecteurs. La dernière en date s’appelle Nabila. Elle est invitée sur tous les plateaux de télé afin d’y dévoiler sa théorie des formes et sa conception des plastiques.
Pas plus tard que le week-end dernier, Nabila, star de l’émission Les Anges de la télé-réalité, a d’ailleurs étalé son décolleté et l’immensité de son ignorance sur Canal Plus face aux jeux de mots tordus et aux pirouettes langagières d’un brillant humoriste belge.
Si vous n’avez pas vu la scène, ça vaut la peine… rien que pour découvrir la plume agile de Stéphane de Groodt et l’air niais de Nabila.
La pauvresse a fait l’unanimité contre elle dans les réseaux sociaux et les conversations de bureau. Pourtant, on la réinvitera encore et encore et encore. On lui demandera même de commenter l’actualité, de donner son avis sur la situation dans le monde, de juger telle ou telle personnalité politique.
Quand une tête de linotte passe en ondes, c’est un philosophe ou un scientifique qui reste dans l’ombre.
Les États-Unis, notre encombrant voisin, produisent des Americans idolâtrés à la chaîne. Plus on change de poste, plus on s’enfonce dans l’ignorance et la trivialité. On relègue les débats de fond aux pires heures d’écoute et on met en prime time de la réalité télégénique, sans le moindre soupçon de réflexion ou d’éthique.
Au Québec, pas le temps de niaiser, on a aussi notre lot navrant de fils de riche en tabarnak ou de starlettes académiciennes qu’on s’empresse de pointer du doigt et de railler. N’empêche, ces insipides encombrent nos ondes sans y apporter la moindre valeur ajoutée. La multiplication des nouveaux canaux et l’arrivée massive des chaînes spécialisées sont inversement proportionnelles à la diversité de l’offre.
On n’a jamais eu aussi peu de programmes de télé intelligents que depuis qu’on a des centaines de chaînes disponibles dans notre poste.
C’est la loi de l’offre et de la cote d’écoute. Plus il y a de débiles à la télé, plus les gens restent scotchés devant. Pourquoi? Par mimétisme? Par envie de se moquer? Parce que c’est rassurant de voir qu’il y a plus con que soi? Parce qu’il n’y a rien d’autre, ni ici, ni ailleurs ?
Pour se sortir de l’ère des crétins, nous n’avons qu’une seule solution: les zapper. Ou les éteindre. On ne pourra que mieux s’en porter.
Texte publié dans Urbania